Avignon 2017

boite-à-culture-logo-test3

Le Théâtre du Chêne Noir poursuit sa volonté de mettre la salle John Coltrane à disposition des artistes. Jusqu’au 13 mai, c’est la photographe plasticienne Agnès Durbet-Giono, qui expose son travail. La petite-fille de Jean Giono a mis sur chacune de ses créations un texte de son grand-père, lui offrant le plus beau des hommages artistiques.

C’est un héritage lourd d’être la descendante de l’auteur provençal Jean Giono, si lourd que sa petite-fille, Agnès Durbet-Giono, a pris la fuite il y a 32 ans pour voir l’autre côté du monde. “Je n’étais pas heureuse ici, je me suis épanouie en partant loin et ma vie est là bas maintenant, je sais que je ne reviendrai pas même si j’aime beaucoup la Provence“. Enfant mélancolique, jeune-fille qui se cherche après ses études, elle file vers le grand Nord : “Le Canada est un espace de liberté dans lequel je me suis trouvée. J’ai aimé les espaces infinis, l’histoire du pays, ses contradictions et son accueil“. Depuis cinq ans, elle se frotte à un autre extrême,  l’Australie : “Je travaille dans un centre de traitement des eaux, dans les égouts, un monde d’hommes et de contrastes. Stratégiquement, ces sites sont placés dans des lieux superbes, ils sont isolés même en plein centre urbain. C’est dans les tunnels putrides de la ville que j’ai apprivoisé tous mes fantômes“.

LA PHOTO POUR DIALOGUER

C’est la photo qui va guérir la douce Agnès, habitée par un irrésistible grain de folie : “Je ne suis pas vraiment photographe au sens technique du terme, mais une rêveuse d’images“. Cette exposition a pour thème “Le Dialogue intime”, chaque photo a quelque chose d’onirique, de saisissant dans sa noirceur, elle flirte avec les ténèbres. Mais de-ci de-là, flotte une douceur qui captive le regard. Elle prend la forme d’une femme, d’un baiser… Les lignes dures de l’industrie soulignent ingénieusement les corps évanescents. La dureté du monde surgit des entrailles de la terre et trouvent une forme de beauté dans l’œil d’Agnès Durbet-Giono : “Il est difficile de dissocier le beau du laid, le vice de la vertu, le monde qui nous entoure est pesant et anxiogène, mais il est aussi source d’espoir et de beauté“. Et tout comme cet illustre grand-père dont elle porte les valeurs, la femme veille à équilibrer ces contrastes : “J’ai besoin du féminin dans ce monde d’hommes. Ma vie est aussi éloignée de Giono qu’elle y est liée, j’avais sept ans quand il est mort et je garde des souvenirs très forts de cet homme imposant. Les travailleurs des égouts sont des personnages “Gionesques” qui me lient à lui et nourrissent mon imaginaire“.

Exposition de la photographe Agnès Durbet-Giono, petite-fille de Jean Giono,
en hommage à son grand-père
à voir jusqu’au 13 mai
Théâtre du Chêne Noir
8 bis, rue Sainte Catherine, Avignon
Tél : 04 90 86 58 11

LA PHOTO POUR DIALOGUER

2 thoughts on “Avignon 2017

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s